Saint-Lary – 27 et 28 janvier 2018

Enfin, enfin, enfin !

Oui, enfin ! Enfin, les conditions sont réunies pour sortir. En trois mois, cinq randonnées, courtes de surcroît, c'est peu, trop peu. Les fourmis dans les jambes, la tête embrumée par manque d'oxygène, l'envie de revoir la montagne, de fouler le sol et la neige, de chausser les raquettes, sortir le piolet, les crampons, escalader les sommets, parcourir les crêtes, ... Heu, Stéphan, on se calme, on se calme.  3000 mètres de dénivelée en 3 mois, le manque d'entraînement va se faire sentir. Il faut être raisonnable. Redescente en douceur sur le plancher des vaches du réalisme.

De toute manière, les circonstances sont là pour rester calme. Des conditions d'avalanche qui ne sont pas très propices pour le week-end ; l'anniversaire du fils à fêter avec un repas prévu en très agréable compagnie ; Saint-Lary qui n'est pas un secteur que l'on connait.  Oui, nous sommes à Saint-Lary en appartement et non, on ne s'embourgeoise pas. Nous avons juste gagné des forfaits utilisables sur Saint-Lary et comme notre fils fait du snow; il va pouvoir en profiter.

Je prends donc quelques renseignements sur Facebook sur les possibilités du coin mais avec la météo, la forme, la méconnaissance, l'état des routes enneigées ou pas, nous allons finalement rester sur du classique.

Vous me suivez ... alors on y va.

Samedi

Nous allons faire simple et assurer le coup ; en effet, je sors d'un virus quelconque et au-delà du manque d'entraînement, je ne sais pas comment je vais réagir. Le GR10 passe tout près par Bourisp juste avant Saint-Lary en venant de l'autoroute. Et comme il serpente au travers de quelques villages, c'est une excellente solution de reprise sans risques ou presque (vous verrez) avec beaucoup de solutions de repli voire d'auto-stop possible en cas de grosse fatigue (mais cela n'arrivera pas).

Nous garons notre voiture sur la placette juste au départ de la montée du GR10 en direction d'Estensan et nous voilà partis, en direction de Val Louron.

Sur la route du GR10

Sur la route du GR10

Le chemin est facile à suivre même avec la neige car il est très marqué, souvent entre des murets faisant office de limite de champs. 

Sur la route du GR10

Sur la route du GR10

Nous trouvons vite la neige mais elle n'est pas très épaisse et surtout très légère ; elle n'a pas encore eu le temps de se transformer ce qui la rend très agréable.

Nous avons d'ailleurs pris la décision de ne pas prendre les raquettes pour ne pas s'alourdir. Comme l'altitude va rester basse, tout devrait bien se passer. La montée se fait au travers de bois avec des arbres courbés par le poids de la neige et il faut parfois se frayer le passage en dégageant la neige des branches.

En montant, le chemin passe par Estensan où il faut emprunter pour quelques centaines de mètres une route très peu fréquentée après avoir traversé ce joli petit village.

 

Estensan, Hautes-Pyrénées

Estensan, Hautes-Pyrénées


Sur la route du GR10

Sur la route du GR10

Après avoir passé Estensan, nous nous dirigeons vers Azet toujours sur le GR10 que nous ne quitterons pas de la journée. En chemin, le pastoralisme ancien ou récent est bien présent avec beaucoup d'activités visibles : étables, granges, champs clôturés, murets de séparation, ... A partir de là le terrain est plus ouvert et commence à dominer la vallée, offrant un beau spectacle.

Au passage, nous découvrons ce à quoi nous pouvions nous attendre ; dans un champ, un magnifique début de décrochage d'une large plaque de neige de 20 ou 30 mètres apparaît avec dessous les longues herbes couchées. Sur le chemin, il n'y a aucun risque mais en dehors il faut faire attention.

Azet et le Pla d'Adet, Hautes Pyrénées

Azet et le Pla d'Adet, Hautes Pyrénées

Le sentier, toujours facile à emprunter et bien balisé, suit de plus ou moins loin la route sans toutefois que les voitures ou le goudron ne dérangent ; de temps en temps, les deux se croisent et retrouver le GR10 est toujours facile. Plus on monte et plus nous nous approchons de Val Louron dont on voit les remontées. Ce n'est pas normalement notre préférence et comme nous commençons à brasser dans la très belle poudreuse, que les nuages montent dans la vallée et que le chemin commence à disparaître, un beau dévers face à nous nous amène à nous arrêter pour éviter de partir dans la pente.

Pour une reprise, nous jugeons que c'est suffisant et nous sommes donc contents de notre montée. La descente se fait sur le même sentier mais avec une lumière et des points de vue différents, comme d'habitude.

Azet, Hautes Pyrénées

Azet, Hautes Pyrénées

Dimanche

Bon, se coucher à une heure et demi du matin après une excellente et copieuse raclette n'est sûrement pas la meilleure manière de se préparer à une journée de raquettes. Mais qu'est que c'était bien et bon.

J'avais repéré une sortie possible avec plusieurs possibilités en partant de Barrancoueu : en direction soit des hourquettes d'Arreau et d'Ancizan de deux manières avec boucle, soit du Plo del Naou, soit selon la forme d' Aspin-Aure. C'est ce dernier choix que nous allons prendre.

Pour garer la voiture, il y a un petit parking à Barrancoueu et il faut ensuite remonter la route sur 2 ou 3 cents mètres pour arriver au départ de la randonnée. Le chemin est très bien marqué pour démarrer mais peut nécessiter un peu d'orientation en hiver avant d'arriver aux granges.

Ah oui, j'ai oublié ... il fait grand beau !

Grange au dessus de Barrancoueu

Grange au dessus de Barrancoueu

 

Plo del Naou

Plo del Naou

En hiver et sans traces précédant le passage, la carte et la boussole sont importantes à avoir pour se repérer à moins d'avoir bien assimilé auparavant la topologie du terrain. Mais rien n'est vraiment compliqué. A partir des granges, on va suivre un chemin très marqué à nouveau qui rejoint la sapinière du Mont.

Sapinière du Mont

A l'orée de celle-ci un panneau indique la direction. Le Plo del Naou se trouve juste au dessus et peut facilement être rejoint en traversant une partie de la forêt sur des pentes inférieures à 30° en suivant la croupe qui finit au sommet ; ce sera pour une prochaine fois car nous ne sommes pas en forme et le temps nous manquerait pour le faire.

La température est très agréable voire chaude ; je suis en t-shirt léger avec une veste fine sans manche. Cela a son importance à partir du moment où nous rentrons dans la forêt. Au début, nous ne recevons que de la neige qui glisse des branches mais au fur et à mesure, la neige fond vite et c'est une véritable pluie que nous subissons en passant sous les arbres.

Le seul point de vigilance de cette randonnée se trouve à un Y bien dégagé à gauche et en partie barré à droite par un arbre en travers. Il faut bien prendre à droite ; la croix jaune sur la gauche est quasiment invisible car l'écorce sur laquelle elle a été peinte à presque disparu.

Aspin-Aure

Aspin-Aure

Avec la température, l'eau est abondante et nous croisons régulièrement des ruisseaux plus ou moins grands qui se traversent sans peine. Le sentier est, malgré cette pluie, très agréable, varié, passant de petits vallons en petits vallons, dans une neige qui se transforme au fil des pas.

Nous n'irons pas jusqu'à Aspin-Aure car la route fait son apparition et comme nous trouvons un beau point de vue pour manger, nous en profitons.

Le retour se fait par le même chemin avec une pluie régulière comme à l'aller quand nous passons sous des arbres serrés. Avec ce grand beau temps, les arbres eux-mêmes ne savent pas où donner de la tête 🙂

Sapinière du Mont

Sapinière du Mont

Arrivés au niveau des granges on peut admirer à nouveau le massif de l'Arbizon, superbe avant de rejoindre Barrancoueu et retrouver notre voiture.

Arbizon

Arbizon

L’album Flickr

Signature Stéphan Peccini

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