Besoin de repos et de calme

Après une semaine compliquée, le besoin s'est fait sentir de partir s'isoler et se reposer en montagne. Dans ce cas-là, nous tablons sur une valeur sûre, le refuge de Tabe (Description sur le site Refuges, cabanes et abris des Pyrénées). Pour une fois, ce n'est pas sa situation permettant de monter même lorsque les risques d'avalanche sont importants qui va nous y conduire mais le fait que cette cabane est très agréable et bien située. C'est un peu notre maison secondaire. L'autre avantage est qu'il est rapide d'y monter et qu'une fois arrivés, il est possible de faire quelques balades plus ou moins importantes en fonction de la forme.

Le beau temps est annoncé pour le samedi mais le dimanche sera très couvert voire changeant. Nous allons donc monter le samedi matin, nous promener autour de la cabane l'après-midi et rentrer le dimanche matin.

C'est donc parti !

Samedi matin, montée au refuge de Tabe

Nous nous garons comme d'habitude en sortie de Cazenave, sur le bas-côté où 3 ou 4 voitures peuvent stationner. Le départ est simple à trouver car le début de la journée suit le balisage jaune du sentier qui fait le tour de Cazenave.

Nous suivons la piste forestière et nous rencontrons un chasseur qui nous signale que l'on devrait en trouver d'autres en haut. Comme nous restons sur le chemin et que Joulua est équipée d'un sac de bât orange fluo, il ne doit y avoir aucun problème.

On quitte rapidement la piste sur la droite avec un gros cairn à gauche et un autre plus petit à droite. Le sentier est évident et balisé en rose fluo pour un Trail. Il monte tranquillement dans la forêt qui nous accompagnera presque jusqu'à la cabane. De temps en temps nous entendons des coups de feu au loin dans la direction que le chasseur nous avait indiquée. Nous croisons quelques petits ruisseaux et plus loin nous en traversons un plus conséquent sur un pont en dur avec rambarde : le ruisseau de la Sécaille.

Juste avant de sortir de la forêt à quelques minutes de la cabane, il y a comme d'habitude du bois à terre que l'on utilisera pour ravitailler la cabane.

Sur place

Montée au refuge de TabeUne fois arrivés après un peu moins de 5 kilomètres et 800 mètres de dénivelée faits calmement en deux heures, le constat est simple. Beaucoup de cendres dans la cheminée mais quasiment plus du tout de bois dans la cabane qui n'a même pas été nettoyée par les derniers occupants. C'est dommage mais il faut faire avec, surtout avec ces cabanes faciles d'accès.

Refuge de TabeNous commençons donc par aérer la cabane en faisant attention au volet dont la plaque est désolidarisée du montant : il faut l'ouvrir avec précaution et en tenant la plaque pour qu'elle ne tombe pas. La couette légère toujours présente sur les matelas a besoin d'être mise à l'air au soleil. Elle se fait vieille, la pauvre.

L'eau ne coule pas actuellement au niveau du robinet (alors que l'an dernier elle y coulait) mais au niveau du premier abreuvoir, une fuite à l'arrivée d'eau nous permet de ravitailler. Si toutefois, il n'y a pas d'eau, il suffit de prendre la piste ou de redescendre dans le bois pour en trouver.

Juste à côté de la cabane, deux voitures de chasseurs sont garées et nous n'allons pas tarder à en voir deux, sympathiques au demeurant, qui nous signalent que la chasse se passe en dessous, dans le bois. On verra donc plus tard pour aller chercher le bois.

Une fois nos sacs déchargés, nous nous asseyons sur le devant de la cabane au soleil pour profiter du point de vue et manger avant d'aller faire la sieste. Je vous l'ai dit, nous sommes montés pour nous reposer. De plus le temps change et commence à se couvrir avec la fraicheur qui tombe ; nous allons être bien dans nos duvets.

Deux heures passent, au chaud ...

Samedi après-midi, boucle autour du refuge de Tabe

Nous terminons une longue sieste de presque deux heures. Un couple d'espagnols vivant aux Cabannes, en bas dans la vallée, sont en train de manger sous le soleil revenu. Nous discutons avec eux pendant que Joulua et leur jeune chienne s'ébattent dans le peu de neige, avant que nous décidions de faire un tour en crête. Les voitures ne sont plus là et donc la chasse est finie ; on peut passer où nous voulons sans risque.

Refuge de TabeJe ne sais pas comment sera la neige plus haut et par précaution, nous prenons les crampons avec nous. Ils se seront finalement bien promenés dans les sacs, sans aucune utilité.

Mont FourcatNous partons derrière la cabane rejoindre la piste qui va vers le col sous le mont Fourcat.

Nous continuons ensuite vers le pic de l'Estagnole avec le pic du Han plus loin sur la crête.

Pic du Han

Après un passage où il faut faire attention en haut du pic, là où la crête se rétrécit et combine les rochers avec la glace et la neige, on retrouve la crête débonnaire qui nous amène un peu plus loin vers le col à partir duquel nous allons revenir et descendre dans le vallon où se trouve la cabane de l'Espagnole.Pic du Han

Au passage, nous sommes survolés de très près par un gypaète barbu, rapace que nous avons l'habitude de voir dans le secteur. Nous avons aussi la chance de surplomber une troupe de mouflons en train de suivre doucement le ruisseau dans le vallon. Encore une fois, nous pouvons remercier Joulua qui a des yeux de lynx et nous a fait le repérage. Nous retrouvons les mouflons plus bas mais beaucoup plus près cette fois-ci puisqu'ils se trouvent à une centaine de mètres maximum de nous alors que nous suivons naturellement le même chemin. C'est toujours un plaisir de faire ces rencontres qui nous rapprochent encore plus de la nature.

Pour descendre, il n'y a aucun sentier mais le cheminement est évident avec l'objectif de rejoindre la piste pastorale par laquelle les deux voitures de chasseurs sont passées. Une fois celle-ci rejointe, nous retournons à la cabane pour finir l'après-midi et se préparer à la soirée.

Samedi soir au refuge de Tabe

Nos belles PyrénéesLe temps est avec nous avec quelques nuages qui viennent colorer le ciel et avec le soleil qui se couche, la température baisse vite. Je fais un bon feu dans la cheminée pour que nous puissions manger au chaud notre repas classique : soupe, purée et poisson, crème anglaise et quatre-quarts.

Je fais deux time lapses, un du coucher du soleil et un autre plus tard avec la lune au dessus du refuge. La nuit est belle mais je ne resterai pas trop longtemps dehors car je ne veux pas me coucher trop tard. Mais cela valait vraiment la peine de rester un peu dehors.Refuge de Tabe

Dimanche matin

Retour vers le parkingDès que nous avons fini de prendre le petit déjeuner et de ranger les affaires, nous rangeons bien la cabane et faisons un dernier nettoyage. Au passage, à l'orée du bois juste après la cabane, nous nous arrêtons pour faire un tas de bois facilement identifiable avant que la neige tombe dans les prochains jours et recouvre complètement de son manteau blanc le secteur. Il ne reste plus aux prochains qu'à venir chercher ce bois et le ramener à la cabane, en espérant que le stock restant sera suffisant pour les suivants.

Finalement, nous aurons trouvé ce que nous étions venus chercher : du calme et du repos avec des petits bonus comme le gypaète et les mouflons.

 

Signature Stéphan Peccini

 

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