Cabane d’Artax – 2 et 3 mars 2019

Une nouvelle cabane ...

... pour nous, la cabane d'Artax . Nous sommes passés assez souvent dans ce secteur, soit pour faire la belle boucle qui passe par le Pla de Madame et ses crêtes débonnaires, soit pour monter au pic de Bassibié.

Pla de Madame et étang d’Artax

Mais nous n'avons jamais dormi dans cette cabane (voir la description sur le site Refuges, cabanes et abris des Pyrénées) et ce week-end sera une bonne occasion. La cabane comporte deux parties, une très certainement fermée par l'association de pêche et l'autre toujours ouverte mais plus sommaire.

Le temps annoncé pour samedi est un peu mitigé le matin avec du vent en altitude forcissant franchement en milieu de journée et le dimanche sera plus ensoleillé et plus calme. Météo France prévoit aussi un bulletin des risques d'avalanches favorable avec un risque faible à limité, avec un enneigement de 60 cm à 1800 mètres ; la cabane est située à 1700 mètres ; je prends le parti de monter avec les crampons pour le dimanche matin plutôt qu'avec les raquettes et le choix va s'avérer payant.

C'est donc parti !

Samedi matin, montée à la cabane d'Artax

Le départ de la randonnée se fait au dessus de Gourbit en suivant la route bien indiquée vers le parking d'Artax. Comme nous arrivons tôt (vers 8 heures), je choisis de pousser jusqu'au bout de la route où un tout petit parking de 3 ou 4 voitures permet de se garer. Nous sommes bien seuls ce matin mais cela ne va pas durer.

Trace GPX dans Google EarthLa montée se fait sur le sentier balisé jaune qui part sur la droite et selon ce que nous aurons fait, j'envisage de revenir par le GRP pour faire une boucle complète. Elle chemine dans la forêt et lorsque le balisage nous propose de continuer sur la piste, nous continuons tout en crête en suivant l'indication en rouge "Artax". Ce sentier  bien marqué mais pas ou très peu balisé est de notre point de vue plus agréable à suivre et évite de marcher dans la neige. Le balisage jaune se rejoint plus haut au croisement de la piste arrivant de Gourbit.

Cabane d'ArtaxLes vingt dernières minutes sont sous le signe de la neige sur laquelle nous marchons mais qui nous porte bien et de quelques gouttes de pluie annoncées par la météo. Nous remontons le long du sentier qui n'est pas toujours visible mais que nous connaissons bien et utilisons le plus possible les endroits dénudés par le vent et la fonte pour progresser vers notre destination qui s'atteint en un peu plus de deux heures par un dernier dévers très facile à négocier.

Comme nous pouvions nous y attendre, la cabane principale est fermée et nous nous installons dans l'abri (à droite sur la photo). Il est assez sommaire, pas de bas-flanc juste une dalle en béton, avec deux petites tables, deux rangements et une bordure de fenêtre. Et un poêle qui va s'avérer très bien fonctionner avec peu de bois.

L'installation faite et le ravitaillement en eau réalisé au déversoir de l'étang à quelques mètres, nous allons profiter du temps présent autour de l'étang encore bien gelé.Etang d'Artax

A partir de ce moment-là, nous allons voir défiler un nombre important de personnes, souvent peu équipées pour les conditions de vent et de neige ; c'est une randonnée jolie et facile et elle attire la foule. Certains, bien équipés, descendent portant du Pla de Madame à cause du vent violent qui sévit sur les crêtes ce matin et n'iront pas jusqu'au pic de Bassibié.

Après avoir discuté avec un groupe de jeunes bien agréables et avec qui Joulua sympathise vite, nous mangeons et allons faire notre sieste traditionnelle.

Samedi après-midi, montée sur les crêtes

Crêtes vers le pas d'ArtaxJe me pose encore la question pour la montée au pic de Bassibié si nous allons passer direct au-dessus de la cabane, ce qui peut s'avérer dangereux à cause des corniches ou dévers à prendre pour les éviter ou si nous passerons en faisant le tour classique par les crêtes opposées.

Il n'y a qu'un moyen pour le savoir, c'est justement de monter sur ces crêtes opposées par où passe le chemin balisé jaune en direction du col de Lastris.

L'avantage de cette montée est qu'elle donne un très beau point de vue sur l'étang et le surplombe presque toujours.Etang d'Artax et pic de Bassibié

Au cas où nous prenons les crampons mais je sais très bien que les crêtes sont dénudées. Nous voilà partis avec du vent et un temps très variable tendance couvert de beaux nuages bien gris. Le plafond descend au fur et à mesure et le pic de Bassibié disparaît régulièrement.

La montée par le sentier est barrée par un névé de neige très dure en dévers mais sans importance ; on quitte en effet le sentier pour rejoindre le col sur la droite en laissant le Pla de Madame sur notre gauche et en direction des trois piquets bien visibles qui servent de passage entre les deux estives. La suite se fait vers le pic de Boucarle dont on descend en direction du pas de l'étang d'Artax. Nous nous arrêterons là à admirer l'étang plus mais sans chercher à rejoindre le pic sous les nuages. Autant attendre demain que le beau temps revienne, ce qui est prévu par la météo.Etang d'Artax

Pour la montée de demain, la décision est prise. On repassera par le même chemin ; des corniches sont présentes sur la crête opposée et ne m'inspire pas confiance.

Nous rentrons par le même chemin jusqu'à la cabane où nous allons nous installer pour passer la fin de journée. Et attendre la nuit pour quelques photos.

Samedi soir à la cabane d'Artax

Après un repos et un repas classique, je me rends compte que les nuages se sont dispersés et que des photos de nuit vont pouvoir se faire. Il y a toutefois un "mais" de taille. Le vent souffle et souffle très fort. Il est hors de question que je fasse un time lapse de nuit au risque de voir la caméra partir plus bas. Je vais donc me contenter de photos et malgré le poids important de mon matériel (3 kg appareil plus trépied) et une hauteur faible de l'ensemble 30 à 40 cm de haut, je dois tenir le trépied pour éviter que l'appareil bascule quand je suis face au vent. Je me fais secouer mais quel plaisir d'être au milieu de tout cela. J'en profite tant que je peux et le résultat correspond à mes attentes.

Massif de Tabe et la vallée

Etang d'Artax et Voie lactée

Après ce nettoyage de neurones, il ne reste plus qu'à aller se coucher pour passer une très bonne nuit dans notre abri.

Dimanche matin

Le réveil se fait dans une explosion de couleurs et agrémente notre petit déjeuner pris devant la cabane. Le bonheur, tout simplement.Lever sur le massif de Tabe

Pendant ce temps-là Joulua rêve, à quoi, je n'en suis pas sûr mais j'ai ma petite idée.Rêverie du matin
Le soleil fait ensuite son apparition et commence à réchauffer l'atmosphère.Premiers rayons
La trace gpx sous Google EarthUne fois prêts, nous reprenons le même chemin que la veille après-midi pour nous diriger vers le Bassibié. Il fait beau et nous en profitons. Arrivés au pas de l'étang d'Artax, nous chaussons rapidement les crampons car la neige est dure et la pente trop raide pour prendre le moindre risque. La montée ne présente toutefois aucune difficulté et une fois arrivés au pic de Bassibié, le pic de Pioulou nous tend les bras. Mais ce sera pour une prochaine fois car pour nous, il est plus compliqué à faire.Pic de Pioulou

Un dernier regard vers l'étang depuis le sommet et nous rentrons à la cabane avec le vent qui se remet à souffler mais moins fort que la veille.Etang d'Artax
Arrivés à la cabane, nous rangeons les affaires et mangeons avant de rentrer par le même chemin que la montée, ne voulant pas faire une troisième fois la montée au Pla de Madame. Au contraire du samedi, nous n'aurons rencontré que très peu de monde alors que les conditions étaient bien meilleures.

Album Flickr

Signature Stéphan Peccini

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