Jour 1

Montée à la cabane de Mourgillou

Préambule

La préparation est terminée, le ravitaillement est en altitude et nous sommes prêts à partir. Mais nous allons commencer par un petite journée sur le GR10.

Retrouvez les détails de la préparation

Cette première très courte journée a pour objectif de nous mettre en jambes et de lancer tranquillement les routines qui vont nous accompagner tout au long des 21 jours qui nous attendent. L'objectif est aussi de se remettre en contact avec la nature après quelques temps sans réelle sortie et le faire dans les meilleures conditions. Donc pas de grosse étape pour le premier jour.

Nous partons donc de Mérens-les-Vals le samedi 7 septembre à 15h15 (retenez bien cette heure, vous allez la retrouver plus tard mais ce sera un autre récit); direction l'Ouest. Certains diront que vers l'Est, l'Ariège est encore présente ; ils ont raison et on n'aura pas fait ce tout début du GR10 en Ariège. Ce ne sera pas la seule entorse au GR10 pur et dur lors de notre périple, que ce soit dans celui que nous avons planifié que celui que nous allons réellement faire.

Vous nous suivez ? C'est parti !

Montée à la cabane de Mourguillou sur le GR10

Mérens-les-Vals, début du GR10
Mérens-les-Vals, début du GR10

Les sacs sont sortis et sur le dos et les chaussures aux pieds. Nous sommes prêts et démarrons juste après le pont qui traverse l'Ariège dans Mérens-les-Vals en commençant par arpenter les ruelles du village pour rejoindre le sentier qui longe le ruisseau de Mourguillou.

GR10
GR10

Sommes-nous bien sur le GR10 ? Oui et c'est très clair. Le balisage est évident surtout lorsque l'on trouve un magnifique panneau qui nous indique le chemin. Ça y est, les vacances commencent. La civilisation est derrière nous et la montagne nous tend les bras.

Il fait beau mais pas trop chaud, le sentier chemine en forêt et il est agréable. Nous n'avons presque pas pris d'eau car nous allons en trouver tout le long ; l'étang du Comte est suffisamment important ainsi que le débit du ruisseau pour ne pas avoir de problème à se ravitailler en eau. Comme pour la suite du périple, nous  ne traiterons jamais l'eau car on en trouvera toujours, claire et ruisselante au minimum.

Estagnol et ruisseau de Mouguillou
Estagnol et ruisseau de Mouguillou

Nous rencontrons du monde et Joulua avec son sac de bât étonne et questionne les personnes. Oui, elle a l'habitude de porter et elle aime ça ; elle emporte ses croquettes pour 6 jours, ses gamelles, ses gourdes (qui ne sont remplies qu'en cas de réelle nécessité) et son tapis pour dormir (elle dort, là où il se trouve).

Cabane de Mourguillou sur le GR10
Cabane de Mourguillou sur le GR10

Après 2 heures de montée tranquille, interrompue par quelques discussions, nous arrivons au niveau de l'Estagnol sous l'étang du Comte.

La cabane surplombe le ruisseau et elle est en partie cachée par des arbres. Si on ne la cherche pas, on peut passer à côté sans la voir. Elle offre 2 places sur le bas-flanc mais en dormant tête-bêche ; elle est propre et très agréable. Le soleil déclinant a chauffé la paroi sud-ouest et nous nous asseyons au calme, le dos contre les pierres chaudes.

Après s'être installé, nous préparons le dessert du soir et la portion lactée du matin avec un riz au lait. Un couple d'éleveurs passent nous voir pour savoir si nous avions vu une brebis égarée que le berger avait identifiée la veille dans le secteur. Hélas nous ne pouvons pas les renseigner, Joulua n'ayant rien vu non plus. Heureusement pour eux, ils ne la trouveront pas car ils craignaient qu'elle se soit blessée dans les éboulis.

Cabane de Mourguillou sur le GR10
Cabane de Mourguillou sur le GR10

Plus tard dans la soirée, une femme seule (nous en rencontrerons beaucoup tout au long du GR10) vient vers la cabane avec un chien. Quand elle nous voit, elle préfère s'éloigner et monter sa tente un peu plus loin.

Vers 19 heures nous mangeons (pâtes, riz au lait, carreau de chocolat). Le jetboil est très efficace et nous permet de cuire 250 grammes de pâtes (nous ferons jusqu'à 350 g) rapidement.

Nous profitons encore du calme et de la montagne avant d'aller se coucher pour passer une bonne première nuit avant une deuxième journée qui ne sera pas exactement comme nous l'avions prévu.

Jour 2

La cabane d'Artaran par le refuge du Rhule et le plateau de Beille

En route vers le refuge du Rulhe

L'objectif initial de la journée est de rejoindre soit la cabane du Rieutort en s'étant écarté du GR10 et de la crête des Isards, soit un coin de bivouac près de la cabane du pâtre Moïse après le col de la Didorte. Dans les deux cas, on trouve de l'eau à proximité. L'eau est et restera notre fil rouge tout au long du chemin. Cela a été un élément essentiel de la préparation pour identifier tous les points où nous pourrions ravitailler que ce soit au niveau de notre couchage qu'en anticipation si l'eau venait à manquer à proximité de notre destination du jour.

Nous allons nous synchroniser pour manger au refuge ou tout au moins prendre une boisson.

Refuge du Rulhe
Refuge du Rulhe

Après une belle et longue nuit, nous nous réveillons à 6h30 avant de démarrer à 7h30, une fois les affaires rangées et le petit déjeuner pris. Nous préférons ranger et petit déjeuner ensuite afin de décaler la sensation de faim pour midi. Depuis bien longtemps, nous ne prenons plus d'en-cas (barres, noix, ...) et ne prenons que les 3 repas principaux de la journée, voire un goûter.

Le GR10 monte à partir du ruisseau de Mourguillou et nous fait surplomber l'étang du Comte où des randonneurs ont bivouaqué.

Etang du Comte
Etang du Comte

Montée vers la crête de la Lhasse
Montée vers la crête de la Lhasse

Le temps est au grand beau avec quelques nuages qui agrémentent le ciel. Nous montons vers le point le plus haut du GR10 Ariégeois, à 2400 mètres sur la crête de la Lhasse. Nous avions ravitaillé au ruisseau, mais vers 2100 mètres, le GR10 longe de près un ruisseau qui est issu d'une résurgence proche. L'eau est fraîche et très agréable à boire. On vide l'eau pour recharger celle-ci qui est bien meilleure. Nous embarquons 2 litres, quantité suffisante pour atteindre le refuge.

Une fois passé le col, les pierriers vont prendre le relais et rendre la marche un peu plus lente. Nous faisons attention et de toute manière chi va piano, va sano et va lontano.

Le point de vue est superbe de là-haut.

Etang Bleu et Petit Estagnol
Etang Bleu et Petit Estagnol

Nous arrivons vers 12h30 au refuge du Rulhe, pile dans les temps pour boire un apéritif (Cola Ariégeois pour Nathalie et pression pour moi, les deux produits étant une production artisanale locale). Même si nous n'avons pas encore de lassitude pour nos repas embarqués, nous prenons quand même le plat du jour, un excellent navarin d'agneau accompagné de graines de couscous ; OK, cela ne changera pas beaucoup de nos menus en ce qui concerne l'accompagnement mais, rappelez-vous, en ce début de périple, nous avons pour midi du pain, de la charcuterie et du fromage. Pour le fromage, nous avons pris des bons fromages de Lille (Maroilles, Petit Berck et Tch'io Billoute sous vide pour éviter les odeurs 🙂 ).

A notre table, nous discutons avec un Suisse qui fait la traversée complète. Le déclic pour la faire lui est venu à la lecture du livre Pyrénées de Christophe Houdaille. Quel beau retour et quelle belle reconnaissance du talent d'auteur de Christophe. Bien évidemment, comme nous, il sort son topo guide, bien utile voire indispensable et nous l'informons ainsi qu'un français (tous les deux se suivent à distance en faisant les mêmes étapes chaque jour) de la suite de sa journée.

La traversée du plateau de Beille

Crête des Isards
Crête des Isards

Il est 13h50 et nous repartons avec l'idée d'aller plus loin que ce que nous avions prévu. Nous verrons bien au fur et à mesure de notre progression. Nous ne descendons pas à la cabane du Rieutort mais conservons le GR10 sur la crête des Isards avec un beau point de vue sur le Rieutort.

Vue sur le ruisseau du Rieutort
Vue sur le ruisseau du Rieutort

Avant le col de la Didorte
Avant le col de la Didorte

Nous atteignons le col de la Didorte un peu après 16 heures après avoir fait quelques rencontres de randonneurs et nous prenons la décision de continuer car nous nous sentons bien. Nous passons à côté de la cabane de Moïse, le pâtre, et ravitaillons en eau avec en tête de passer Beille.

La traversée va être longue, nous le savons pour avoir arpenter en ski de fond ce plateau. Des vaches sur le chemin vers Prat Moll vont nous faire faire un léger détour car elles sont un peu trop "curieuses". Pas grand chose d'autre à dire sur cette traversée qui se fait facilement sur les pistes de ski de fond ; mais c'est moins beau en été qu'en hiver.

Je sais qu'il n'y a pas d'eau à la Jasse d'Artaran et nous ravitaillons à la station de Beille (à l'arrière du bâtiment principal) pour passer la soirée et le début de la matinée.

Après avoir ravitaillé, nous descendons vers la cabane d'Artaran ; après avoir passé le chenil des chiens de traîneau, qui, heureusement étaient enfermés sinon Joulua aurait été en difficulté, nous nous rendons compte que le ruisseau d'Artaran coule fortement et que l'on peut s'y alimenter.

Nous arrivons à 19 heures à la cabane après 24 km et 1500 m de dénivelée positive ; poser les sacs et enlever les chaussures est un vrai bonheur que nous apprécions à sa juste valeur.

La cabane est équipée pour deux personnes avec les matelas, une table et un banc ; elle communique avec la partie fermée réservée au vacher. Elle est propre, ce qui est agréable. Dans la soirée, nous aurons la visite d'un troupeau de vaches paissant dans le secteur ; Joulua n'est pas d'accord mais elle doit accepter la situation (elle n'aime pas les vaches, mauvais souvenir de jeunesse).

La routine est lancée et il ne reste plus qu'à se reposer avant de repartir demain matin pour Siguer. Mais c'est un autre récit.

Cabane d'Artaran sur le GR10
Cabane d'Artaran sur le GR10, prêts à partir

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Signature Stéphan Peccini

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