Jour 8

En direction du col de la Serre du Cot

La station de Guzet, sur le GR10

Je vous avais laissés pour le dernier récit au bivouac au-dessus de la cascade de Fouillet.

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Montée vers la passerelle du ruisseau du Fouillet sur le GR10
Montée vers la passerelle du ruisseau du Fouillet sur le GR10

Avec la proximité du ruisseau, je pensais que nous allions avoir de la condensation dans le tarp. Mais avec le vent léger qui a accompagné la nuit et le fait d'avoir laissé le tarp ouvert des deux côtés, nous sommes retrouvés totalement au sec.

Nous nous réveillons à 6h30 et prenons notre temps pour démarrer après avoir pris le petit déjeuner dans le tarp. Les muscles sont un peu longs à chauffer au démarrage. Nous profitons des sources ou résurgences à proximité de la passerelle pour ravitailler en eau et lançons notre journée de marche.

Nous entendons des cloches au-dessus de nous et après avoir traversé et monté un peu, le spectacle du berger avec ses chiens et son troupeau nous imposent un arrêt pour en profiter dans ce magnifique cadre.

Troupeau de brebis changeant de lieu de pâture
Troupeau de brebis changeant de lieu de pâture

Le sentier remonte vers le turon de Rose et nous fait faire une longue traversée douce en direction du col d'Escots. En chemin nous rencontrons 2 chasseurs avec qui nous discutons quelques temps et une randonneuse à la journée. Des vaches paissent tranquillement dans les prés avant d'arriver à la station de Guzet ; il est évident qu'elles voient passer du monde car elles ne sont pas curieuses ni intriguées par Joulua qui restent à mes pieds.

Au col d'Escots, au milieu de la station de ski, le GR10 n'est pas vraiment bien indiqué et nous hésiterons un peu avant de passer sur le chemin au-dessus des ruches. Le début du cirque de Cagateille s'offre à nous mais il n'est pas sur notre parcours.

Fin de la station de Guzet et début du cirque de Cagataille
Fin de la station de Guzet et début du cirque de Cagataille

Saint-Lizier d'Ustou tout en bas depuis le GR10
Saint-Lizier d'Ustou tout en bas depuis le GR10

Saint-Lizier d'Ustou

A partir de là, nous allons faire un peu les montagnes russes avant de surplomber le village de la station. Une belle descente sans aucune difficulté nous amène jusqu'à Saint-Lizier d'Ustou.

Nous allons passer notre pause de mi-journée dans le village ; en effet, il y a une épicerie et nous allons en profiter pour prendre un peu de produits frais : tomates, pomme, banane, yaourts, noix de cajou pour grignoter de temps en temps et une bouteille d'eau gazeuse (hélas pas de bière 🙂 ).

Nous nous installons au frais devant la mairie pour faire cuire les graines de couscous que l'on agrémente des tomates et pistou. Un dessert lacté en fin de repas et nous voilà requinqués pour repartir. Nous ravitaillons modérément en eau au niveau des lavoirs mais suffisamment pour monter 800 mètres sous la chaleur du jour.

En chemin nous rencontrons un GRD'iste israélien avec qui nous nous entretenons quelques minutes. Heureusement que le sentier est en forêt car il fait bien chaud.

Cabane du col de la Serre du Cot

Cabane du Tuc (de Peyre Mensongère)
Cabane du Tuc (de Peyre Mensongère)

3 heures plus tard et 800 mètres plus haut, nous découvrons la cabane du Tuc, au niveau du col. La cabane est annoncée comme étant réservée à la bergère mais elle est ouverte et disponible. Nous nous installons donc pour passer la soirée et la nuit. J'ai bien vu un troupeau au loin vers Ardio et je pense alors qu'il ne viendra pas.

En cas de problème, les bergers étant prioritaires, nous avons trois solutions : monter le tarp, rejoindre la cabane d'Ardio mais elle n'est pas sur le GR10 ou descendre au gîte de Rouzé. Comme nous avons fait un peu plus de 16 km et 1400 mètres de D+, rester sur place dans la cabane est notre option favorite.

Même si le troupeau sera finalement passé devant la cabane, il ne s'y sera pas arrêté. La cabane est à nous pour cette nuit.

L'eau peut se trouver à 2 endroits voire 3 ; pour la source la plus simple, il faut revenir au col et continuer vers les abreuvoirs ; l'eau y coule bien ; il est possible aussi de descendre vers Rouzé et prendre l'eau à un abreuvoir en contrebas ; et finalement en se dirigeant vers Ardio sur le balisage jaune, une petite source coule goutte à goutte.

Le ciel se charge bien en nuage ce qui augure d'un beau coucher de soleil.

Mont Valier sous les nuages
Mont Valier sous les nuages

Cabane du Tuc au col de la Serre du Cot
Cabane du Tuc au col de la Serre du Cot

Un peu plus tard, nous voyons arriver, volontaire, une randonneuse qui va s'arrêter à la cabane. Elle arrive en sueur et nous allons comprendre pourquoi. En effet, sans vraiment suivre le GR10, ce qu'elle fait tous les jours est environ le double de nous. Un rythme très soutenu, dirons-nous. Comme la cabane n'est pas très adaptée pour y être à plusieurs, Elise, la grenobloise, va s'installer à côté dans sa tente après avoir discuté avec moi assez longuement sur les possibilités du secteur, en poussant vers le Valier et le Barlongère.

En fait, elle n'a pas vraiment de but si ce n'est de découvrir. Lorsque nous lui demandons jusqu'où elle va, elle nous répond qu'elle arrêtera quand elle en aura assez. Nous aimons bien cette manière de voir les choses.

Le repas du soir (coquillettes à la soupe de tomates, flan de semoule et chocolat) est agrémenté par le tant attendu coucher de soleil. Au loin, de fortes pluies s'abattent vers la vallée pendant que le soleil illumine le mont Valier.

Coucher de soleil sur le mont Valier
Coucher de soleil sur le mont Valier

Comme le bas-flanc est trop petit, je me suis mis le matelas par terre (le sol est trop inégal pour dormir sans) et nous voilà partis pour une bonne nuit. Nous avons déjà fait plus de 10000 mètres de D+ et les nuits nous font beaucoup de bien.

Jour 9

Retour à Aula

Descente sur Couflens

Après une bonne nuit, le réveil se fait avec un superbe lever de soleil comme en écho au coucher de la veille.

Lever de soleil depuis le col de la Serre du Cot
Lever de soleil depuis le col de la Serre du Cot

Réveil à 6h00, préparation des sacs et petit déjeuner. Elise est déjà prête à partir. Je ne pense pas que nous la reverrons.

La descente vers Couflens est agréable pour démarrer mais les fortes pluies que nous avions vues la veille ont détrempé le sol après Rouzé d'en Bas ; Michel Delpech nous chanterait : On dirait que cela te gêne de marcher dans la boue ... Dans ces cas-là, oui, assurément. Nous passons près du gîte de Rouze sans savoir que c'est celui de Hermann et Georg que nous avons connus lors de la rénovation de la cabane d'Aula.

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Nous faisons halte dans Couflens, allées l'OM (si, si, c'est leur nom), au niveau des lavoirs pour s'asseoir et prendre de l'eau. C'est un joli village mais il doit être froid et humide, encaissé et en bordure du ruisseau.

Couflens
Couflens

Longue montée au col de Pause

A partir de là, le sentier n'est vraiment pas intéressant globalement. Il passe dans deux ou trois petits hameaux, dont Faup qui est bien agréable avec sa fontaine fraîche et ses habitant accueillants, mais le reste du temps, nous marchons sur la piste en plein soleil. Il fait chaud, voire très chaud et nous faisons de régulières haltes pour nous mais surtout pour Joulua qui n'arrive pas à réguler la température.

Nous prenons notre mal en patience et mettons un pied devant l'autre. La journée de repos de demain fera beaucoup de bien. Le col de Pause porte bien son nom et nous en faisons une à l'ombre pour manger et faire la sieste.

Le temps commence à changer depuis un bon moment avec la chaleur et l'orage commence à se former. Comme nous en avons l'habitude, nous irons à la cabane d'Aula non pas par le GR10 mais par le balisage jaune qui bifurque au niveau de la première cabane, celle d'Areau. Il est plus rapide et la vue nous convient mieux d'en haut.

Retour à la cabane d'Aula

Arrivés au col, nous décidons de faire une pause pour profiter de la vue car il est tôt et nous avons le temps. Les sacs sont mis à terre et nous commençons à nous asseoir quand un puis deux gros coups de tonnerre nous donne la motivation pour repartir. Comme quoi, il ne faut pas grand chose pour repartir 🙂 .

Mont Valier et cabane d'Aula
Mont Valier et cabane d'Aula

Durant la descente, nous croisons un couple faisant la boucle depuis le col de Pause qui raccompagne, très très doucement, une personne qui a fait une mauvaise chute et a des difficultés à monter. Cette personne doit absolument rejoindre ce soir le parking et nous leur souhaitons bon courage. Nous les verrons longtemps après être arrivés à la cabane, passer le col balisé jaune. Heureusement pour eux, l'orage n'éclatera pas.

Nous retrouvons la cabane une fois de plus après l'avoir restaurée sous l'égide de l'association des amis du GR10 et y être montés pour poser notre second ravitaillement. Allons-nous le retrouver est la première question. Et la deuxième concerne l'état de la cabane.

Oui, le ravitaillement est bien là mais l'état de la cabane n'est pas génial. Il n'y a pas de dégradation (enfin pas plus que celles que nous avions constaté la dernière fois) mais personne n'a balayé le sol, les couvertures sont en désordre, le bois a été complètement utilisé et des branches vertes avec leurs feuilles sont stockées dedans. Il y a un manque de savoir-vivre mais nous restons optimistes par rapport à notre implication dans les veilleurs de cabanes.


Les veilleurs de cabanes ! Les veilleurs de cabanes ? Mais qu'est-ce que c'est ? Soyez patients, vous en entendrez parler bientôt.

logo stylisé des veilleurs de cabanes


Chevaux à la cabane d'Aula
Chevaux à la cabane d'Aula

L'après-midi va se passer doucement et nous allons pouvoir nous reposer, nous laver et faire un peu de lessive. Les chevaux vaquent à leurs occupations, dont certaines sont de venir se faire caresser. Joulua n'apprécie pas du tout et garde fièrement la cabane ... bien à l'intérieur.

Stéphane, GRD'iste parisien, nous rejoint un peu plus tard et va passer la nuit avec nous, bien content de trouver une cabane accueillante. Nous en profitons pour échanger sur nos expériences et passons une très agréable fin d'après-midi.

Encore un peu plus tard au moment du repas, nous voyons arriver d'un pas rapide, un italien qui parle un peu français, plus espagnol et anglais. Il nous raconte qu'il est parti depuis mi-mai pour faire le chemin de Saint-Jacques de Compostelle et qu'il a ensuite enchaîné avec le GR10. Après ? Il verra bien s'il continue avant de rentrer chez lui. Cela se voit, il est très sec et il avoue même qu'il perd du muscle.

Quelle belle soirée passée en leur compagnie. Ce soir, le réveil n'est pas mis car demain est une journée de repos. Nous en avons besoin physiquement et mentalement pour se poser un peu ; ce sont aussi des vacances et nous sommes toujours dans le bon rythme de 5 jours par ravitaillement.

Jour 10

Journée de repos à Aula

Journée de repos

Le réveil se fait par une très belle journée mais sans avoir vu le lever de soleil ; grasse matinée ! Bon OK, il est 7h45. Il fait bon et nous prenons le petit déjeuner dehors pour ne pas déranger nos colocataires. Ils nous rejoignent bientôt et nous profitons tous pour discuter encore ; Stéphane nous quitte bientôt puis vient le tour de l'Italien. De nouveau seuls ; nous aimons aussi.

La matinée, bien entamée, passe doucement à lire au soleil avant de manger (semoule avec du thon, cake et chocolat ou choc'Aula, n'est-ce pas Eric ?). Puis sieste, au calme.

Cabane d'Aula sur le GR10
Cabane d'Aula sur le GR10

J'avais prévu pour demain de monter au col de Peyre Blanc pour descendre sur le refuge des Estagnous et rejoindre ensuite la cabane de Trinquet. Mais la météo annonce des orages pour le lendemain que je n'aimerais pas du tout subir vers l'étang Rond ou l'étang Long. Nous allons rester raisonnable et continuer sur le GR10, surtout que le GR10D permet d'éviter toute la portion que je ne voulais pas faire en bas. C'est décidé, nous changeons de parcours.

Depuis le col en provenance de l'étang d'Areau, un troupeau de vaches descend tranquillement vers la cabane, poussé par le vacher. Est-ce en prévision du mauvais temps pour les mettre plus bas ? En tout état de cause, les vaches vont s'arrêter dans le secteur et il est préférable de ravitailler en eau avant qu'elles arrivent.

En fin d'après-midi le temps se dégrade comme prévu et des coups de tonnerre se font entendre du côté des Estagnous ; de grosses pluies se voient en bas dans la vallée mais le temps reste clément pour nous.

Tout cela donne une ambiance comme je les aime avec, en plus, la sécurité de la cabane.

Troupeau de vaches à Aula
Troupeau de vaches à Aula

Il ne reste plus qu'à manger (coquillettes au pistou, flanc et chocolat), lire et dormir avant une très grosse journée qui nous attend demain. Notre objectif est de rejoindre la cabane d'Eliet après le col de Core. La journée sera longue, très longue mais c'est une autre histoire. Eussions nous su ce que nous allions faire réellement, que nous aurions sûrement hésité. Mais l'ignorance est parfois source de surprise.

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Signature Stéphan Peccini

 

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